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2020 est une année à oublier rapidement sur le plan économique. Les mesures destinées à lutter contre la Covid-19 ont mis l’économie à genou, réduit la croissance à néant et crevé le plan de la dette.
« Une seconde vague sera insupportable pour notre économie ». Cet avertissement du président Macky Sall le 26 novembre dernier renseigne à suffisance sur les conséquences économiques de la Covid-19 au Sénégal. Le premier cas, venu de l’extérieur, a été enregistré le 2 mars 2020. Dès le 14 du même mois, le chef de l’État décide de tout fermer : écoles, universités, frontières terrestres et aériennes, lieux de spectacles, transport interurbain, tout est à l’arrêt. Sans oublier un état d’urgence assorti d’un couvre-feu à 20h.
Une série de mesures destinée certes à endiguer la propagation exponentielle du virus dans le pays, mais qui a eu des effets catastrophiques sur l’activité économique. Dans les marchés, les commerçants sont contraints de fermer boutique à 16h, voire 14h, dans certaines localités. Les vendeurs de denrées alimentaires alternent avec les négociants des autres produits. Au finish, le secteur informel se retrouve avec 3 jours d’activités par semaine, sachant que le dimanche est une journée morte pour tout le monde.
Rapidement, la grogne sociale se fait sentir, accompagnée d’une révolte religieuse due à la fermeture des mosquées. L’État est donc obligé de revoir sa copie. Macky baisse la garde et les marchés sont de nouveau ouverts 6 jours sur 7, les mosquées aussi.
Mais dans d’autres secteurs, l’étau reste maintenu. Les acteurs du transport interurbain sont restés presque 3 mois sans activité. Le transport urbain est soumis à des restrictions strictes qui rendent le quotidien de plus en plus insupportable.
Les chiffres de l’incertitude
Dans le secteur formel, des entreprises sont tout bonnement fermées, d’autres réduisent leur personnel et une autre frange décide de mettre en chômage technique une partie du personnel. Le chef de l’État avait pourtant demandé à son gouvernement, le ministre du Travail en particulier, de veiller à ce qu’il n’y ait pas de licenciement et que les travailleurs gardent au moins 70% de leur salaire. Mais à l’arrivée, la réalité est tout autre, les pertes d’emplois ont été importantes.
Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration s’est retrouvé au bord du gouffre. La compagnie aérienne nationale Air Sénégal a évité le crash grâce à une piste moelleuse de 45 milliards étalée par l’État du Sénégal.
Au total, après 6 mois de fermeture, le Sénégal passe d’un taux de croissance prévisionnel de 6,8% à une quasi-récession. D’ailleurs, le taux de croissance en 2020 est tellement mal maîtrisé que les chiffres fusent de partout. Tantôt 1,1%, tantôt -0,7%, tantôt 2,2%… Les récoltes, jugées bonnes cette année, ont été la seule bouffée d’air.
Et pour ne rien arranger, les premiers barils de pétrole et mètre cube de gaz attendus initialement en 2022 ont été reportés en 2023 du fait des impacts de la pandémie dans ce secteur.
Pour endiguer les effets, le chef de l’État Macky Sall décide de dégager une enveloppe de 1000 milliards, soit le ¼ du budget du pays pour appuyer les secteurs affectés et les couches vulnérables. Ainsi, 200 milliards ont été destinés à apurer des créances aux entreprises et autres fournisseurs, avec une priorité accordée aux Btp, tourisme, transport, agriculture, santé, éducation…).
Les secteurs les plus touchés ont également bénéficié d’un appui direct de 100 milliards. A cela s’ajoutent 200 milliards en guise de soutien aux entreprises afin qu’elles bénéficient de reports de dette ou d’obtention de financement de la part des banques commerciales.
Le plafond de la dette troué
Toutefois, ce volet a été moins évident, car beaucoup de chefs d’entreprises ont dénoncé non seulement la lenteur dans la mise à disposition de ce fonds, mais aussi de l’hésitation de la part des banques qui devaient pourtant, outre cette somme, s’engager à injecter 100 milliards dans les Pme.
Par ailleurs, cet appui a eu pour conséquence de crever le plafond de la dette qui se situe à 64% du Pib et un déficit qui passe de 3% à 6% du Pib. Le Sénégal va d’ailleurs se positionner en première ligne dans le combat pour l’annulation de la dette des pays du Sud. Une posture qui lui a valu d’être placé par l’agence de notation Moody’s sous revue dégradation de sa note.
Ce qui allait être un sérieux revers pour la signature du Sénégal auprès des bailleurs, tant vantée par les partisans de Macky Sall. Finalement, le pays a échappé à cette dégradation, mais les perspectives restent toujours incertaines, comme l’a souligné le Fmi lors de sa dernière mission virtuelle au Sénégal.
Afin de faire face à ce contexte dur pour l’économie sénégalaise, le gouvernement a initié une politique de relance de l’économie à travers le Plan d’actions prioritaires ajusté et accéléré (Pap 2A) doté de 14 000 milliards pour la période 2021-2023. L’objectif est de s’appuyer sur l’agriculture, l’énergie, l’industrie pharmaceutique entre autres secteurs pour redresser la pente.
Avec le Pap 2A, le défi est que la croissance soit portée cette fois-ci, non pas par l’État à travers les grands chantiers, mais par le privé, avec une préférence nationale appelée contenu local. Tel est du moins ce qui est couché sur le papier et chanté partout. En attendant d’apporter la preuve aux sceptiques qui doutent de la capacité de l’État à mobiliser les 14 000 milliards et à faire la part belle aux champions économiques du Sénégal, dans une économie jusque-là extravertie.

Seneweb

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