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Trois ans après Trilogie, Moh Dediouf sort un nouvel album. The Love Diversity est son nom. Un album dédié à la l’amour dans ses multiples facettes. Autour d’une pléiade de véritables professionnels parmi lesquels le  nigerian juwonmix , le zimbabwéen venant du undergroud Nicky, Ecko guitariste de Jamo Band, le génie producteur sénégalais iss814 et mister Mike bangerz, Moh Dediouf invite son public vers une nouvelle expérience, riche et entrainante. Pour lui, seul l’amour peut sauver le monde. Amour de la vie, amour de l’être humain, amour de la patrie ou encore amour de la diversité. Dans un monde où règne de plus en plus la pensée unique, il est important pour lui de promouvoir les valeurs de tolérance, d’empathie et de respect. C’est un Moh Dediouf positif et qui a foi en l’avenir que nous avons rencontré.

 Si tu dois faire un bilan d’étape de ta carrière tu dirais quoi ?

Moh Dediouf: Je dirais Tawfekh et rajouterais que je viens de démarrer

C’est allé très vite. Tout de suite le succès est arrivé. Dés le premier album on va dire. ..

Moh Dediouf: Oui c’est vrai. Tout est allé vite. Par exemple c’était super motivant de sortir d’un lot de 15000 artistes pour l’international songwriter compétition à Nashville alors que j’étais tout au début de ma carrière. En même temps, ce succès précoce, ça m’a mis une bonne pression positive pour la suite..

Tu as un pied en Europe, un autre en Afrique du Sud et un autre au Sénégal. Pourquoi ce choix à un moment donné ?

Moh Dediouf: Eh bien je suis de Dakar, j’ai grandi au Sénégal donc tout part d’ici… J’ai débuté ma carrière musicale en Afrique avec un label de ma ville de cœur Marseille puis l’Afrique du Sud nous a accueilli, honoré et permis de vivre de la musique dignement sans compromis ni renoncement. Jusque là c’est mon triangle à succès et je ne souhaiterai que l’élargir pas le réduire.

« Je redécouvre aussi avec plaisir notre jeunesse assoiffée de liberté, notre richesse touristique »

 Aujourd’hui tu sembles toutefois plus présent au Sénégal

Moh Dediouf: Disons qu’il y a une donnée familiale qui s’est ajoutée à ma situation, doublée de l’instinct créatif sénégalais qui m’inspire et me touche encore plus qu’avant. C’est la raison pour laquelle je « savoure » encore plus mon pays… Je redécouvre aussi avec plaisir notre jeunesse assoiffée de liberté et notre richesse touristique. Je découvre chaque jour plein de belles surprises dans mon Sénégal.

Tu découvres aussi que les artistes vivent des moments difficiles avec les restrictions liées à la pandémie de la Covid-19 ?

Moh Dediouf: La situation des artistes est en effet très difficile avec la Covid-19 mais il faut dire que les difficultés de notre milieu ne sont pas liées seulement aux conséquences de la pandémie. Le coronavirus n’a fait que montrer la fragilité de certains métiers comme la musique. Nous devons mettre à profit ce moment pour aller vers une profonde introspection sur le secteur.

Au delà des manifestations et des revendications actuelles des acteurs ?

Moh Dediouf: Absolument ! C’est le moment de tout repenser. Il faut que nous les artistes nous arrêtons de nous mentir. L’artiste qui joue du lundi au dimanche gagne des miettes mais il est obligé de le faire sinon il ne bouffe pas. L’artiste ment à son public en lui faisant croire qu’il roule sur l’or. Pour se donner un statut, il est tenté par toutes sortes d’artifices et de trafics. Le secteur n’a pas besoin d’aide ou de soutien. Il a besoin d’organisation. Entre le chanteur, le technicien, le producteur, le tourneur, le réalisateur, le propriétaire de salles de spectacles, l’animateur, tous doivent travailler ensemble pour que chacun y trouve son compte. L’Etat peut organiser cela. Le secteur culturel est pourvoyeur de richesses et d’emplois mais il faut que nous les artistes nous arrêtons de nous mentir. Prenons, l’exemple du football. On a toujours eu de bons joueurs mais faute d’organisation on vivait de grosses désillusions lors des compétitions. On se voyait beaucoup trop beau. Dés lors que les dirigeants ont mis tout à plat et sont retournés à la source, le centre Aldo Gentina est arrivé, puis Diambars, ensuite Génération Foot ou encore Aspire. Résultat: aujourd’hui, on va régulièrement en CAN et on se qualifie plus souvent pour les compétitions de petites catégories.Je ne dis pas que tout est rose dans le football, mais au moins, il a fait un grand pas au moins dans la formation. Dans la musique, nous devrons faire la même chose, regarder les maux en face et trouver des remèdes. Jusqu’ici, on ne fait que calmer le mal avec des pseudo-aides. Il ne s’agit pas de réinventer la roue. Il suffit juste de s’inspirer des modèles qui marchent et qui sont adaptables au Sénégal.

Moh, le regard résolument tourné vers l’avenir

« Les artistes ont plus besoin d’organisation que d’aide ou de soutien. Le secteur musical a besoin surtout d’ être mieux organisé »

Parle nous de ta relation avec l’Afrique du Sud. Le Sénégal dans le domaine de la musique n’a pas beaucoup de relation avec l’Afrique du Sud. As-tu un projet dans ce sens ?

Moh Dediouf: Tout à fait Kora meet Maskandi est à sa 2eme version avec comme invités le talentueux pianiste Nduduzu Makhatini et l’excellent Noumoukunda Cissookho. Notre ambition à travers ce projet est de créer plus de ponts entre nos 2 peuples et travailler encore sur nos similitudes (Zulu-Serere, Xhossa Pulars, Tchangane-diolas, Dembele- wolofs).

Tu as vécu longtemps à l’étranger. Aujourd’hui tout le monde nous dit l’avenir est en Afrique mais sa jeunesse prend la mer. Comprends-tu ce phénomène? 

Moh Dediouf: OUI je le comprends très bien… Et je pense que nous devons apporter des réponses claires… Vivre c’est avoir de l’espoir et des projets d’ un meilleur lendemain… Je préfère m’adresser aux jeunes et leur dire que nous avons besoin d’eux aujourd’hui et demain.. Accuser qui que ce soit ne réglera pas le phénomène… Vos Vies valent de l’or et l’or ne perd jamais sa valeur. Il faut faire comprendre aux jeunes africains que si vous ne vous prenez pas en charge, si vous ne faites pas, avant tout, un travail sur vous-même, personne ne le fera à votre place. Croire en soi n’est pas une question d’orgueil mais de dignité personnelle. Il s’agit de cet amarrage psychologique auquel nous nous rattachons chaque jour pour avoir confiance en nos décisions, pour cesser de craindre les erreurs et nous permettre de nous relever encore et encore. Croire en soi, c’est s’armer de courage en sachant que l’on mérite quelque chose de mieux. Patience Confiance Persévérance.

Moh, assimile la jeunesse africaine, créative et dynamique, à un « diamant brut »

Qu’ est-ce qui doit changer pour que les jeunes veuillent faire ce travail sur soi? 

Moh Dediouf: Nos modèles de réussite doivent plus être exposés que nos modèles d échecs… À côté de l’actualité il existe autre chose comme modèle de réussite… Nos réalisateurs de films et/ou  devraient exposés la vie de nos illustres fondateur de paix sociale et Je pense que tous ceux qui ont vraiment « réussi » doivent exposer d’avantage leur vie combien ils ont souffert mais n’ont jamais renoncé… Que ce soit les sportifs comme Mané ( de Bambali à Liverpool) ou dirigeant sportif comme Gallo Fall ( de Kaoloack à la NBA Africa) et même Youssou Ndour ( de la Medina au Monde) nos jeunes doivent voir et entendre ces modèles leur dire par exemple : « c était très dur mais je n’ai jamais renoncé et je n’ai jamais mis ma vie en danger. »

Dediouf invites ses jeunes concitoyens africains à se saigner pour transformer leur pays sans prendre la mer

Tu travailles beaucoup avec de jeunes créateurs, techniciens, graphistes, développeurs. C’est une façon de les motiver ou bien c’est parce qu’ils font d’abord de l’excellent travail ?

Moh Dediouf: Les 2 à la fois. Seulement, il a fallu d’abord leur faire confiance puis rester constant et patient avec eux… Nos jeunes sont une mine de diamant brut.. À nous de les tailler en pierre précieuse

Ils ont travaillé dans ton nouvel album aussi? 

Moh Dediouf: Oh beaucoup même et je les remercierais jamais assez pour leur flexibilité et leur passion.

« Seul l’Amour peut aujourd’hui sauver le monde d’un naufrage collectif. Vivement des dirigeants qui cultivent l’amour »

Quelle est la couleur de ce nouvel opus?  Un bilan d’étape ?

Moh Dediouf: The Love Diversity raconte notre instinct de survie dans un monde chaotique dominée par une pensée unique et un monologue discursif… Seul l’Amour divin l’humanisme nous sauve aujourd’hui d’un naufrage collectif… Face à tout cela on se regènère en s’africanisant davantage tout en accueillant l’autre…

« Aimer, aimer, aimer » le message du Moh 2020

Musicalement tes précédents albums sont un mélange de musique diverses et variées. Tu restes toujours dans cette recherche et dans cette expérimentation ?

Moh Dediouf: Ma musique a toujours été instinctive spontanée sans trop de calculs commerciaux… Je fais de la musique au nom de la liberté. L’essentiel pour moi est que ça sonne et qu’elle reflète nos rêves. Je dis dans une de chanson du nouvel album: « C’ est l’espoir qui me pousse ainsi à m’accrocher à toi chère vie de paix équilibre et de joie. C’ est l’espoir qui me pousse ainsi à courir sur ton chemin projet d un meilleur lendemain. » Dans la musique aussi je fonctionne de la même façon, elle doit refléter note liberté et nos rêves.

Kirinapost

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